Café Society, de Woody Allen

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« La vie est une comédie écrite par un auteur sadique »

Ces derniers mois, nous avons eu notre lot de longs-métrages sur le thème du cinéma (Dalton Trumbo sorti en novembre dernier et plus récemment Ave, Cesar en février dernier). Mais c’était sans compter sur l’arrivée d’un troisième essai, celui du cinéaste populaire spécialiste des comédies de mœurs.

Un réalisateur intemporel

On ne présente plus le célèbre et controversé des New-yorkais ! Woody Allen – de son véritable nom Allan Stewart Konigsberg – a vu trois de ses œuvres récompensées aux Oscars (Annie Hall en 1978, Hannah et ses sœurs en 1987 et Minuit à Paris en 2012) et a réalisé une cinquantaine de films depuis son premier en 1966 (Lily la tigresse). Metteur en scène de talent, il écrit à ses heures perdues des pièces de théâtre et des nouvelles. Amateur de jazz, Allen joue aussi de la clarinette. Il présente un film par an et à chaque fois, son univers décalé vient percuter de plein fouet notre planète cinéma. C’est dire si chacun de ses longs-métrages est attendu par les cinéphiles !

Hollywood VS Manhattan

 Café Society a eu l’honneur d’ouvrir le 69ème Festival de Cannes ce 11 mai 2016 Hors Compétition.

C’est une belle vitrine pour le réalisateur qui a choisi cette fois de poser le décor à Los Angeles. Enfin… Seule la première partie de son film concerne le berceau du 7ème Art ! Ensuite, Woody ne tient plus en place et ne peut s’empêcher de quitter les studios et les palmiers hollywoodiens pour la côte atlantique et l’immortelle New-York city. Nous sommes immédiatement plongés au cœur des années 30 avec l’arrivée d’un jeune juif fraîchement débarqué à L.A, espérant grâce à l’aide de son oncle, un célèbre agent de stars, rentrer dans l’univers fantasmé du cinéma. Entre désillusions professionnelles et amoureuses, Bob va tout de même se faire des contacts et monter un club à la mode à NYC.

L’ambiance des années folles est intacte. On se croirait véritablement à une autre époque, pleine de rêves inaboutis et d’espoirs inachevés. On observe diverses oppositions que cela soit entre termes de classe sociale (moyenne VS bourgeoisie), de choix de vie (le gentil garçon VS le gangster) mais aussi (et surtout) en terme d’amour (le cœur VS la raison). Car oui, il est question d’amour et finalement le cadre autour n’est que prétexte à tomber amoureux. Il est question de choix et de décisions à prendre mais qui, une fois pris, ne sont pas immuables. Woody nous entraîne dans une spirale passionnée qui ne se terminera jamais.

Un choix d’acteurs réussi

Pour cela, l’américain a misé une seconde fois sur Jesse Eisenberg qu’il avait fait joué en 2012 dans To Rome with Love. Pourtant, c’est son interprétation du créateur de Facebook dans The Social Network de David Fincher en 2010 qui l’a poussé sur le devant de la scène, un an après avoir joué aux côtés de sa partenaire Kristen Stewart dans Adventureland. Cette dernière quant à elle a été révélée dans Panic Room en 2002. Après avoir joué un petit rôle dans le remarqué Into the Wild de Sean Pean, elle est devenue une star mondiale grâce à la saga Twilight. Césarisée en 2015 (Meilleure Actrice dans un Second Rôle) pour Sils Maria, elle est devenue la première actrice américaine à gagner un César (hors César d’honneur). Steve Carell change de registre et incarne avec brio un agent de stars en pleine crise de la quarantaine. Les seconds rôles ne sont pas en reste et demeurent primordiaux dans le récit. Ainsi, la solaire Blake Lively apparaît à point nommé dans la vie solitaire du héros et Corey Stoll interprète à la perfection un gangster sans scrupules.

Une ambiance Allenienne

Sans contestes, nous retrouvons à travers Café Society un milieu familier de ce genre cinématographique. En effet, la « patte » du cinéaste transperce l’écran dès le générique. L’humour est au rendez-vous, pour le plus grand plaisir du spectateur. La photographie est exceptionnelle et c’est avec satisfaction que l’on découvre l’enchaînement des scènes.

Au niveau du montage et des raccords en particulier, Woody Allen en profite pour user de procédés d’antan.

Pour terminer, avouons que ce cru 2016 est un petit bijou plein de romantisme et de poésie. Woody Allen a l’air de se complaire dans ce récit aux tons chauds et ensoleillés. Et cela n’est pas pour nous déplaire, bien au contraire. J’en reprendrais bien un verre !

Chloë Hugonnenc

 

 

 

 

 

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