The Riot Club, de Lone Scherfig

The riot club

Sortie française : le 31 décembre 2015

Synopsis : Royaume-Uni. Dans la prestigieuse Université d’Oxford, le collège le plus prestigieux se nomme le Riot Club. Composé de dix membres, cet univers haut de gamme est très fermé représente l’élite du pays. Deux jeunes étudiants de première année, Miles et Alistair, vont y être recrutés et découvrir les excès jusqu’au-boutistes de ce club…

Note : 0

Une débauche extrême

Après Un jour (2011) et Une éducation (2008), Lone Scherfig nous entraine encore une fois dans un univers particulier, celui d’un monde loin du nôtre qui ne nous appartient pas. Pourtant, si Une éducation méritait son véritable succès, son quatrième long-métrage, Un jour était décevant. Avec The Riot Club, adapté d’une pièce de théâtre triomphante : Posh écrite par Laura Wade, la réussite devait être au rendez-vous.

Pourtant, il n’en est rien. Le film tourne autour d’une séquence clé dans laquelle les membres du club organisent un diner qui va dégénérer jusqu’à une fin tragique. Alcool, call-girl, cocaïne, les jeunes se laissent totalement aller à une beuverie « haute gamme ». Peu importe le gâchis, la pagaille, le tapage, ils se croient tout permis puisqu’ils peuvent réparer les pots cassés avec leur argent. Sans aucune limite, le film montre la démesure à outrance et l’extrémisme du luxe.

Au delà des débordements de fils à papa, on se retrouve au cœur d’un cercle d’immatures qui imaginent que tout s’achète. Et c’est eux, ces membres « secrets » qui sont sensés gouverner le pays dans quelques années. Il demeure un côté effrayant dans cet engrenage démesuré. D’ailleurs, cela sera un éternel recommencement puisque finalement les « riches » s’en sortent toujours. Le plus navrant étant qu’ils sont prêts à remettre le couvert. Car dans le fond, qu’est-ce qui est plus important que le sentiment d’appartenir à une communauté ? Se sentir adhérent à part entière d’un groupe telle une famille ? De plus, nous pouvons aisément nous demander si la difficulté de réussir dans cette Université prestigieuse peut excuser un tel comportement ? En effet, on a déjà vu de tels agissements (soirées de bizutage) en France en Faculté de médecine ou bien en école de commerce. Finalement Oxford et le Riot Club en particulier serait le miroir de notre société.

The Riot Club a pour point positif de nous faire entrer dans un monde inconnu attrayant. Mais finalement, observer de l’extérieur cet univers se détériorer a quelque chose de jubilatoire. En fin de compte, dès le départ on imagine la débauche et surtout la chute de l’élite. Cela nous suffit amplement d’épier cette richesse sans entrer dans leur assemblée.

Chloë Hugonnenc

 

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