The Grand Budapest Hotel, de Wes Anderson

2014_02_27_JM_GrandBudapest

Sortie en salles : 26 février 2014

Synopsis : 1968. Un jeune écrivain s’installe au Grand Budapest Hotel, un endroit autrefois éblouissant qui tombe en ruine. Lors d’un bain turc, l’auteur rencontre le directeur du palace, Monsieur Moustafa. Curieux et surtout intrigué par l’état de l’hôtel, le romancier  accepte l’invitation à dîner du maître de ces lieux dans le but de connaître l’histoire de ce lieu si particulier. Débute alors un bond dans le passé narrant les péripéties vécues par Zero Moustafa, un jeune lobby boy engagé par un dénommé Monsieur Gustave, un homme à la réputation sulfureuse…

My point of view : Wes Anderson n’est désormais plus à présenter. En effet, cet américain de quarante-cinq ans a imposé son style et sa vision anticonformistes avec plusieurs longs-métrages réussis. Les succès de La Famille Tenenbaum en 2001, La vie aquatique en 2004 et plus récemment A Bord du Darjeeling Limited en 2007 et Moonrise Kingdom en 2012 ont ancré Anderson dans l’institution cinématographique. Son grain de folie et surtout sa patte artistique font de lui un artiste que l’on attend au tournant à chaque nouveau projet. Il m’est impossible de ne pas le comparer un instant au réalisateur australien Baz Luhrmann. Tous deux sont des metteurs en scène hors pairs. Ils font une immense place aux décors et à la lumière. Leurs personnages sont des hommes ordinaires souvent confrontés à leur propre résignation. De plus, il subsiste une dimension théâtrale très forte. Chacun à leur manière, ils racontent une histoire avec une créativité qui leur est propre.

The grand Budapest Hotel est un véritable ovni. Il regroupe des décors kitsch à souhait mais surtout très travaillés. On ressent l’envie de faire attention à chaque détail. Tout est parfait et à sa place. Les couleurs vives se mêlent aux notes pastel. Les costumes des deux personnages principaux s’opposent aux tenues sombres de la famille de Madame D. avec à sa tête Dmitri (Adrian Brody). On observe également d’autres structures binaires contraires comme par exemple l’espace vide du présent opposé à l’espace plein du hall de l’hôtel dans ses années de gloire. Le choix d’une mise en abîme est un travail intéressant. Par le procédé de flash-back, il demeure trois périodes d’action : 1985, 1968 et celle qui s’étend le plus dans le récit, 1932. Mais on ne s’y perd pas. Le sujet principal de ce long est une double transmission d’un héritage. D’abord, les péripéties débutent alors que Madame D. décède et qu’il est question de succession pour la famille mais – malheureusement pour cette dernière – aussi pour Monsieur Gustave (Ralph Fiennes). Ensuite, la question d’héritage touche le palace dans son intégralité. Anderson parvient à associer toutes ces facettes sans se mélanger les pinceaux.

D’un point de vue technique, les séquences s’enchaînent bien. Les mouvements de caméra sont rythmés par des saccades intentionnelles. Anderson choisit volontairement de placer le spectateur au cœur de son récit. Le casting quant à lui est irréprochable. Comme de nombreux cinéastes, Anderson a des préférences. On retrouve ses deux fidèles acolytes Owen Wilson et Bill Murray dans deux petits rôles. C’est même dommage de voir autant de célébrités si peu de temps à l’écran. On n’a pas vraiment le temps d’apprécier leur présence. Les deux principaux personnages sont campés par le merveilleux british Ralph Fiennes et par le jeune Tony Revolori à peine âgé de dix-sept ans. On croise avec enchantement Tilda Swinton grimée, Jude Law, Edward Norton, Willem Dafoe, Jeff Goldblum, F. Murray Abraham mais également deux frenchies :  Léa Seydoux ainsi que Mathieu Amalric.

Enfin, l’humour est au rendez-vous pour notre plus grand plaisir. Wes Anderson signe ici un film authentique et à forte personnalité. On attend avec impatience la prochaine gourmandise du démiurge de Wendl’s !

Info supplémentaire : The grand Budapest Hotel a obtenu le Grand Prix du Jury, l’Ours d’Argent, lors du 64ème Festival International du Film de Berlin (2014). C’est Johnny Depp qui devait à l’origine jouer le rôle de Monsieur  Gustave.

C.H

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s